GR5, J6 à J11: Col d’Anterne au refuge de la Leisse

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Aiguille du midi, Tacul, Mt Maudit, Mt Blanc, Dôme du Gouter !!

J6: Lac – Camping des Ouches
Levé 6h30, départ 7h45

IMGP6142L’objectif de la journée est de se rendre aux Houches. Pour ça il faut attaquer le Brévent, ce qui n’est pas sans quelques bonnes heures de montée et surtout une trrèèèèèssss longue descente. Après un départ à la fraiche dans un vallon très sauvage, la montée Ouest du Brévent cache totalement la vue sur la vallée de Chamonix. Ca monte sec, mais nous sommes le WE et je suis doublé dans la montée par de nombreux Traileurs qui attaque le Tour du Brévent très tôt comme petite gymnastique dominicale.

Je suis impressionné devant la vitesse avec laquelle il progresse. L’arrivée au col du Brévent (2368m) après 3h de montée pour 770m de dénivelé est à couper le souffle… et pas que pour l’ascension… La vallée de Chamonix s’ouvre à mes pieds 1300m plus bas et le Massif du Mt Blanc se dresse 2500m plus haut… un mur de 3800m qui me parait être vertical tant les perspectives préfacent sous la lumière verticale du soleil au zénith.

IMGP6182Atteindre le somment du Brévent à 2525m nécessite quelques petits passages accrobatiques dont l’ascension de quelques échelles… toujours un peu impressionnant avec un gros sac sur le dos. Je casse la croute au sommet à la gare d’arrivée du téléphérique qui emporte son flot de tourisme et de Chamoniards du WE en 2 coups de cuillère à port de la ville au somment 1500m plus haut. Les touristes sont assez décontenancés de voir apparaitre au sommet des échelles une personne aussi lourdement chargée.

Les 3 heures de la descente vers les Houches se font sous une chaleur écrasante. De plus l’attention permanente portée sur où mettre ses pieds pour ne pas y laisser une cheville ou un genoux est psychologiquement harassante. Il n’est pas recommandé d’admirer le paysage en même temps que l’on marche. Il faut choisir, l’un ou l’autre !

Je croise en chemin de nombreux “montagnards du dimanche” qui me sidèrent de leur tenu inadaptée ou au contraire ceux déguisés de la tête au pied en vêtements et accessoires techniques fraichement achetés chez décathlon mais qui transpirent d’inexpériences et de manque de condition physique… quand ils n’ont pas laissé les rondelles hivernales à l’extrémité de leur bâtons de marche. (j’ai toujours trouvé cela comme étant le summum du ridicule… un peu à l’égal du navigateur du dimanche qui laisseraient les par-battage le long de la coque de sont voilier durant toute sa navigation)

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Vallée de Chamonix,… vallée de fous furieux… immense terrain de jeux !

J’ai de la peine pour tout ceux que je croise en pleine après-midi, sous un soleil de plomb au milieu de la montée et qui me semblent me demander du regard “C’est encore loin le sommet”… Je me souviens encore de ce groupe de Scout Anglais, déguisés comme ils se doit, armés de leur bâton de marche de bois, transpirant dans leur chemise, pour la plupart adolescent ou jeunes adultes, bien enrobés de Fish&Chips ou autres joyeusetés alimentaires. Je n’aurais pas hésité à parié sur la monté de l’hélico du PG suite a malaise de l’un d’entre eux.

Je caracole à grande enjambées dans la descente. Rien n’est plus usant que les appuis répétés et traumatisant pour les genoux et les quadriceps qu’une longue descente. Je me laisse porter par mon inertie, m’appuyant sur mes bâtons de marche comme lors d’une descente à ski… et forcément… ce qui pouvait arriver, arriva… Un de mes bâtons de rando se brise… et Merde !…

Je ne conçois même pas continuer le reste du GR sans bâtons de marche. Ils allègent de 5 à 10% la charge, ce qui pas après pas n’est pas négligeable mais surtout ils permettent une meilleure posture, de meilleurs appuis et sauvent parfois la mise en permettant de retrouver un équilibre. Mais forcément, nous sommes un samedi après midi. Le temps d’atteindre les Houches, je n’aurais pas grande chance de trouver un magasin ouvert… quand sera-t-il d’un dimanche…. devrais-je faire l’aller retour à Chamonix demain…

J’ai un sacré coup de bol d’arriver juste avant la fermeture d’un magasin de montagne aux Houches. Pas moyen évidement d’acheter juste la partie téléscopique cassée, j’acheter donc une paire de bâtons neuf. Je fais l’achat de bâton avec poignées en  liège. Je ne jurerais plus que par ceux-ci: moins de transpiration, moins de frottement, meilleur préhension… je suis heureux de cet incident.

Je fais quelques courses de ravitaillement pour les 4 à 5 prochains jours. Je me pose au “camping 1 étoile”… plus un genre de bivouac confortable pour montagnard, je fais mes étirements et constate joyeusement que ce camping et peuplé de vrais montagnards, avec de vrais tronches de baroudeurs… et de vrais autistes surtout, enfermés dans leur tente…

Je n’utiliserai pas tout le sucre et le café que j’ai acheté pour rempoter mes rations. Une voiture bruyante se gare à l’autre bout du camping, en sort une joyeuse troupe de jeunes flamands venus passer le WE dans la vallée. Je leur offre ce que je n’utiliserai pas, il m’offrent une bonne bière Belge… nous discutons un peu… ils sont bien équipés pour le camping: grosses tentes, matelats gonflables, camping gaz au top, pas mal de vaiselle, pas mal de bouffe et surtout une quantité impressionnante de bouteilles… je ne suis pas sûr qu’ils vont pouvoir surmonter de grands défis sportifs durant leur WE.

Au petit matin, j’ai mit mon réveil très tôt… à ma grande surprise, la majeure partie des tentes présentes la veille ont déjà disparues. Mes voisins montagnards d’une nuit sont partis à la nuit… ce qui explique surrement leurs comportements autistiques de la veille

Ravitaillement fait pour 4 jours au moins jusque Tignes, dénivelé 1358m, cumul 8265m

J7: Camping des Ouches – Bivouac près des Chalets de dovet

Levé 6h, départ 7h30

IMGP6196Partit à la fraiche je passe le col de Voza puis descend à la Gruvaz. Il commence déjà à faire une chaleur assommante. Je m’assoie au bord d’une fontaine pour refaire le plein… mon attention est attiré par des bourdonnements et une agitation aux bords de la fontaine… des dizaines d’abeilles se relais, se posent puis repartent de la margelle en pierre… comme moi, elles viennent s’abreuver toute ici… je n’avais jamais vu des abeilles, et encore moins en si grand nombre venir se rafrichair ainsi telle les vaches à l’abreuvoir.

Je continue ma route sous la chaleur, passe par les Contamines, devant la magnifique églises, point de départ de nombreuses courses historiques vers les sommets

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310666_10150485859614278_917553679_nPlus les heures passent et plus l’ambiance s’alourdit, il fait de plus en plus chaud et humide, l’atmosphère est très lourde. Le ciel se couvre quand je dépasse le refuge de la Balme. Bien qui soit encore tôt je décide de vite planter la tente sur le plat en dessous des chalets de Dovet, car le ciel menaçant ne préfigure rien de bon.

C’est sous un ciel apocalyptique que je finis l’installation du bivouac.

Il pleuvera lourdement cette soirée là avec un vent fort… ainsi qu’une bonne partie de la nuit, mais sans foudre ni grondements de tonnerre

Bivouac posé, plan Jovet à 1945m.

Cumul de la journée 1937m, total de la semaine 10 242m!

J8: du Bivouac – Bivouac au Ruines de Presset sous le col du Bresson (intoxication alimentaire)

Levé 8h, départ 9h30 en attendant que la montagne transpire un peu sa pluie de la nuit et que les nuages libèrent la vue

Le lendemain matin, le ciel est lavé de la pluie de la nuit. Le changement de masse d’air est évident, le brouillard matinal descend rapidement la vallée et laisse place à un ciel bleu lardé de magnifique Cirrus de haute altitude, tels des coups de pinceaux d’artiste sur une toile bleue claire.

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Sur les Crêtes des Gittes, le GR taillé dans la pierre par les chasseurs alpins est survolé de grands vautours, quand au loin, sur les crêtes, des tâches intrigantes attirent mon attention. Une douzaine de grands bouquetins mâle se reposent au soleil. Je tente de m’approcher lentement. Plus j’approche, plus je ralentis mes mouvements. J’abandonne mon sac à dos et ne prends avec moi que mon appareil photo. Jusqu’où pourrais-je m’approcher avant que ceux-ci ne désescaladent la pente abrupte, certains que je nes les y suivrait pas… Quelle distance? Et bien je vous laisse imaginer par vous même

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Bouleversé par cette rencontre finalement rare (avant réintroduction, les bouquetins avaient quasiment disparus du territoire… ) , il me fallut attendre de les perde totalement de vue pour songer à reprendre ma route. Je repasser en boucle les photos prises sur mon appareil numérique, ne croyant que difficilement à ce que je venais de vivre. Il n’y avait personne avec moi qui avait vécu cet instant…

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Ce fut et c’est encore aujourd’hui l’évènement et le souvenir le plus marquant que je garde de mes périples dans la nature.

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Je quittais pas à pas le Mt Blanc en arrière plan et entrait dans le Beaufortain. Je m’arrêtais au Plan de la Lai, achetais un saucisson et du Beaufort et poursuivais mon chemin au dessus du Lac de Roselend en direction du Col de Bresson.

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J’établissais le bivouac sous Conchette près des ruines de Presset. Il commençait a fait très frais ce soir là. Mais quel plaisir de s’envoyer une énorme soupe au dîner suivie de bon pain et d’un bon gros morceau de Beaufort. Je me couchais repu, assez tôt vers 21h

Bivouac posé à 18h30 à 1995m. Dénivelé 1362m , cumul 11 564m

22h Je m’éveillais… trop tôt pour une furieuse envie de faire une vidange nocturne pour évacuer les litres d’eau du soir et de la soupe… non, plutôt une sorte de malaise qui me tira de mon sommeil. Je me sentais fort mal à l’aise dans mon sac de couchage. Et puis très vite à l’étroit, je descendais la fermeture éclair pour en dégager les bras et les épaules… malgré le froid…

Et puis très vite ce malaise me poussa à sortir de la tente… je ne sais pourquoi. Un besoin irrépressible de sortir au grand air… Je fis quelques pas puis je fus rapidement au courant. Une violente nausée me vint suivie de vomissements. J’avais les abdominaux douloureux à causes des spasmes musculaires. A plusieurs reprises je bus de l’eau qui fit le voyage inverse immédiatement. Pendant 2h je fis ainsi des allers et retours à l’extérieur de la tente, transi de froid, prit de nausée. Il ne me semblait pas avoir de fièvre… j’avais extrêmement froid bien qu’habillé alors de toutes les couches de vêtements que j’avais, inclus les gants, le bonnet et la couverture de survie au dessus du sac de couchage. Je grelottais énormément. Mon esprit tenter de se concentrer sur ce qui pouvait être la cause de cette crise intestinale: Avais-je mangé quelque chose de douteux? N’avais-je pas fait une erreur à ne pas chlorer l’eau du dernier torrent? Y avait-il un troupeau ou une charogne en amont de ce torrent?

Vers minuit, des gargouillis bruyant me prirent aux ventres… je vous passerais les détails des joyeusetés qui m’occupèrent les 2h suivantes… qui ressemblèrent beaucoup aux 2h précédentes mais pour de plus basses raisons…

Je n’eus que peut fermé l’oeil de la nuit…

J9: Sous le col Bresson – Camping de Landry (même chose… en mieux)

Nuit difficile. Nuit courte. Nuit glaciale.

Ce matin là, j’ai attendu patiemment que les rayons du soleil frappent ma tente pour glisser le nez dehors. Je ne me sentais vraiment pas en forme. Je pris le temps, plein de suspiscion envers mon tube digestif, de prendre un petit déjeuner… Puis j’attaquais péniblement la montée du Col Bresson.

Cette journée me parue longue et sans fin. Sur la carte je n’avais fait qu’un saut de puce. Je descendais vers Valezan pour rejoindre le camping de Landry. Arrivé tôt au camping, je comptais me refaire d’une bonne nuit de sommeil et d’un dîner copieux. Je n’avais pas mangé grand chose de la journée.

Je mangeais autant que mon estomac put le tolérer. Je me fit un énorme sandwich et finit copieusement le Beaufot.

Hors c’était là que se cachait le mal…

En moins d’un quart d’heure, une nausée me monta à vitesse supersonique… j’eus beau courir aux toilettes, mon envie de vomir arriva à la porte des sanitaires juste avant moi… il me manqua un mètres… J’essuyais cet echec, après m’être vidé, ainsi que la céramique des toilettes, et le sol… pendant un bon moment… couvert de honte et plein de scrupule d’avoir ainsi repeint les cabinets…

Je compris que le Beaufort était la source de mon intoxication alimentaire de la veille… je passais une nouvelle nuit le ventre creux mais dormit bien mieux

a peine plus de 600m de dénivelé, cumulé 12 172m de positif

J10: Landry – Bivouac après le Refuge porte de Rosuel (pas frais le garçon…)

Le lendemain, je me sentis fort mieux… enfin disons que ne m’ayant pas reservit de Beaufort au petit déjeuner, je ne connus pas à nouveau les affres des 2 derniers jours.

Levé 6h30… j’ai peu, mal, ou pas dormit. Je suis physiquement cassé, j’ai mal au bide, j’ai la nausée… je marche à reculons Je pars quand même à 8h et marche ce que je peux. Je tape la sieste de 11h30 à 13h30… je pose la tente à l’entrée du Parc de la Vanoise…

Je pris le sentier vers l’entrée du Parc de la Vanoise. J’étais vidé: 2 nuits sans grand repos et 48h sans grand chose dans le ventre, j’étais totalement à plat.

Bivouac posé tôt au bord du torrent. Une lumière magnifique.

“Le plus beau chez-soi du monde pour un soir”

Je me suis souvent dis ça considérant les endroits où je plantais la tente… à chaque fois j’étais seul au monde dans le plus belle endroit du monde

Bivouac à 17h à 1575m, a peine 5h de marche, et à quel rythme… 860m de dénivelé, cumul 13 022m…

rituel quotidien: laver les vêtements de la journée, douche au ruisseau, boire boire boire… 3 litres le soir, 1 dans la nuit, 2 au reveil… déja 6… et la journée au moins autant..

je m’endors alors qu’il fait encore jour… vers 18h30/19h

J110: Porte de Rosuel – Refuge de la Leisse (refait le garçon!)

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Parc de la Vanoise…

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Ca se passe de commentaires.

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Passage au dessus de Tignes, reste de la bouffe dans le sac, pas envie de descendre faire des provisions… décide de changer d’itinéraire et de ne pas prendre le GR5 qui passe par les station de ski de tignes/val d’isère… mais de prendre le GR55 dans le parc de la vanoise, de monter en altitude, 2 jours à plus de 2000m avant Modane… je pense que j’aurais assez de provisions

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Par le Col de Fresse… le plus haut de ma rando

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Nuit au refuge (fermé) de la Leisse, pas de gardien, personne, une salle hors sac, de l’eau, du gaz, un dortoir… plus qu’il m’en faut…. une sacré gueule de déterré… mais je me remets bien …

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1800m de dénivelé, cumul 14 832m

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