Comment bien préparer sa rando avant de partir

Préparer 1 mois de rando en solo, ou en groupe, ou un WE, ou juste une semaine c’est d’abord se préparer dans sa tête: se dire j’y vais.

Mais c’est aussi et surtout préparer le parcours avant de partir.

 

randonneurs-1997-05-g

 

Pour exemple, le GR5 en solo pour traverser les Alpes

 

Se préparer dans sa tête:

C’est se projeter pour 1 mois tout seul, seul tout les jours, rien qu’avec soi. C’est anticiper les difficultés possibles du mauvais temps, des orages, de la pluie, du vent, du froid. C’est aussi anticiper les soucis possibles, petits ou gros… la fatigue, une douleur, une blessure, un accident… Quand on est seul en montagne, parfois loin des lieux “de vie”, parfois sans réseaux téléphonique, c’est aborder la montagne sous un autre angle: plus sérieux, plus modeste, plus anticipé.

 

Préparer le parcours

Outre le matériel et les comportements à adopter (mais surtout à se définir en amont) en cas de soucis quelconque, une préparation importante est celle du parcours… d’autant plus si comme moi manger au “resto”, dormir au refuge ou dans un gite ou prendre une douche chaude dans un camping, ce n’est qu’en dernière solution… soit parce qu’on y est obligé (bivouac strictement  interdit), soit parce que je suis au bord du craquage (genre après 3 jours de pluie non stop) et qu’il le faut pour la santé mentale…

 

La carto

Je n’utilise que les TopoGuides GR, édités par la FFR. Il y a tout dedans, les topogrammes, les temps de marche (oui on ne compte plus en kilomètre, on compte selon 2 unités: les heures de marche et le dénivelé), le détails précis des étapes, points de passages, difficultés.

 

Pour préparer ma rando avec les TopoGuides

 

 

  • Les étapes: Je regarde tout d’abord le topogramme (qui indique les temps de marche et les dénivelés), toutes les 8h de marche environ je me dit “bivouac”… ça me donne déja une partition a priori de l’itinéraire, et donc le nombre de jour total… après ça évolue dans la réalité entre 6-8h au début et les 10-12h de marche après 15 jours et qu’on commence à être bien affuté… ou les pauses forcées en attendant la fin de la pluie.

 

 

 

 

  • L’alimentation: Ensuite je note les endroits qui me permettent de me ravitailler en nourriture. Comme ça je vois un peu les jours en autonomie alimentaire “qu’il faudra porter”. Par sécurité j’essaie d’avoir 2 jours de ration “en sécurité” dans le sac… ça permet de parer aux imprévus: caprices de la météo, épicerie du village fermé le WE… et même parfois en semaine ou que le matin ce genre de connerie… et donc de ne pas être “prisonnier” du ravitaillement. 

Ca je le fais avant de partir, histoire de me faire une idée du où je passerais, quand, et où je bivouaquerai “en gros”

 

 

  • La ressource en eau: Après ça, quand j’ai rien à faire, je prend un stylo et je regarde page par page dans la description du parcours, de façon automatique, les mots “ruisseau”, “rivière”, “étang”, “lac”, “pont”, “cours d’eau”… je les souligne. Ensuite je reporte sur les cartes au 50 000ième un point là où la description du parcours indique un point d’eau sur le chemin.Dernière étape, je prends les cartes au 50 000ième une à une et porte un repère au stylo sur tous les endroits qui pourraient être des points d’eau en fonction de ce que je vois sur la carte. Une fois que c’est fait, je reprends le fil du parcours et relève si certaines étapes “manquent d’eau”: A partir de plus de 1h30 de marche entre 2 points d’eau a priori, je note un petit warning sur mon topo.

 

En effet on est jamais à l’abri de sources à sec, de points d’eau noté mais non existant… et 2h de marche sans une goutte d’eau, c’est pas bien… mais bon quand on s’est fait avoir une fois, on a toujours 1L de flotte qu’on “oublie” au fond du sac en sécu. J’essaie également soit en amont, soit le jour même, en fonction de là où je me trouve de choisir le lieu du bivouac en fonction de la ressource en eau: une douche au ruisseau, de l’eau en quantité pour la soupe du soir, le diner, la nuit, le petit déj et repartir avec un stock d’eau plein… un bivouac “sans eau” c’est un peu trop un bivouac “de suvie”… il faut au contraire que le bivouac soit un bivouac “de confort”: de l’eau, du plat, un jolie paysage, de magnifiques couleur, une cascade, un ruisseau, un lac… “le plus beau chez moi du monde, juste pour un soir”.

Ceci permet d’anticiper des étapes “compliquées”… dans les Pyrénées, 8h de marche sans point d’eau… 2h en fin de journée après ravitaillement dans un village, diner, bivouac, petit dej… puis encore 6h sur des crêtes sans aucune source… Autant avoir prévu le coup et les volumes d’eau dans le sac.

 

 

  • Passages difficiles:  Une fois que j’ai fais le tour des “étapes”, des points de ravitaillement et des points d’eau, je passe au crible la description des itinéraires à la recherche des “points chauds”: passage sur des crêtes, sur des dalles d’ardoise, sur des prairies d’herbes qui peuvent être glissante après la pluie ou dans lesquelles on perd la trace du GR… des endroits où l’orientation serait difficile, le balisage peut évident…des pierriers, des obstacles ou des franchissements un peu “sport”… je note des warnings dans le texte et sur les cartes…

 

Faire le lien entre préparation et la journée passée

Tous les soirs, au bivouac, avant l’extinction des feux, je prends mon cahier et note l’étape de la journée: heure de levée, heure de départ, heure de pose du bivouac, ce que j’ai mangé, ce qu’il me reste, la météo du jour, le nombre d’heure de marche, le dénivelé positif réalisé et le dénivelé positif total.

Pour le lendemain, j’allume mon portable et si j’ai du réseaux, je consulte météo france sur le 3250… Sinon je me limite à mon baromètre et regarde l’évolution de la pression atmosphérique.

(Généralement à la pause de midi, j’allume mon portable, le met en charge avec mon chargeur solaire, consulte la météo si possible… consulte mon répondeur: “ha non tiens toujours pas d’amis”… enfin toi même tu sais…)

 

Finalement, je me glisse dans mon sac de couchage, je reprends mon topo guide, et me refais en détail l’étape du lendemain en repassant sur toutes mes notes prises en amont de la rando… mets ensuite le réveil et m’écroule.

 

Le parcours du GR5

 

 

 

 

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