Pourquoi fait-il ca?

Quand je raconte que je passe pas mal de temps dehors, que ça soit mes WE, mon quotidien ou évidement mes randos, qu’elles fussent plus courtes, d’une semaine a un mois ou aussi longue que celle-ci, on me pose toujours les mêmes questions. L’une d’entre elle est “pourquoi” ? … forcement… comme s’il fallait une justification a ce comportement. Personne ne demande a l’oiseau pourquoi il vole, ni a la truite pourquoi elle préfère l’eau tumultueuse des torrents de montagne a celle des troubles estuaires.

Il n’y a pas a se justifier, c’est ainsi. Mais je peux vous rapporter ce qui est en moi.

J’ai l’envie d’aller voir ce qu’il y a au-delà. Comme derrière ces crêtes et ces sommets. Que s’y trouve-t-il par delà? Que verrais je de leur sommet? Est ce possible d’y monter? A quoi est ce que ressemble le monde vu de la-haut? A pieds comme a la voile: Qui a-t-il derrière ce Cap, ce rocher, cette pointe, qu’elle crique trouverai-je, qu’elle plage? Déjà petit, les balades avec le grand père durant des heures, au delà du bois, de l’étang… et après l’endroit ou il fallait faire demi tour, qui a-t-il? Par la suite en vélo, par delà le parc, la voie de chemin de fer… pousser toujours un peu plus loin le chemin.

J’aime être dehors. J’ai l’impression d’y être vraiment vivant. Ressentir le vent, la petite brise, les yeux fermes, celle qui fait frissonner les cheveux coupes courts. Les bourrasques jaillies de nulle part, qui te font presque perdre l’équilibre, les jours d’orage juste avant que le ciel se déchaîne, de grands frais, au passage des cols quand un vent jaillit de l’autre cote. Etre balade comme les arbres qui grincent sous la bourrasque, comme les herbes de printemps, les blés d’été qui ondulent comme des vagues, comme un océan de verdure qui moutonne.

Sentir la pluie fine sur mon visage, le gouttes d’orage s’abattre sur la toile de ma tente, comme 1001 percussions. Me laver a l’eau froide du torrent de montagne, ou chaque goutte glaciale ruisselle sur mon corps. Le froid tranchant de la première eau sur mon corps chaud et fatigue de la journée. La respiration qui s’accélère, chaque vaisseau de mon corps qui se contracte, de même les muscles tendus, les poils qui se hérissent. Tout un corps en éveil tendu par le froid, puis qui se relâche, qui s’abandonne, le froid qui disparaît, l’esprit qui laisse aller, qui se laisse faire.

Trouver chaque soir, sous les rayons du soleil couchant qui transperce quelques nuages dans une gloire a chaque fois plus improbable, l’endroit inattendu, presque irréel, toujours isole, sans la moindre âme qui vive pour profiter de l’instant et du lieu, l’endroit le plus parfait au monde pour y passer la nuit. Aller chercher du bois pour faire un feu. S’atteler a cette tache avec le plus grand soin du monde: trop gros, trop humide, trop de mousse, plutôt celui-ci, considérer les essences, les diamètres. Préparer tout le nécessaire pour le camp et la nuit avant l’allumer le feu. Pour ne rien avoir a faire d’autre que contempler celui-ci une fois allume. Se préparer a manger dans un simple et unique mug en métal, unique ustensile. Une soupe mélangée a des pâtes. Assis a même le sol, sur la mousse, un tronc pour banc, adosse a un arbre, allonge sur le sol.

Etre hypnotise par la danse des flammes jaunes, rouges et bleues, lançant parfois quelques lueurs vertes, entendre crépiter le bois, claquer l’escarbille, suivre les trajectoires paraboliques des braises propulsées hors du feu telles des étoiles filantes dans l’obscurité qui m’enveloppe peu a peu.

Je fais parti de la nature, je ressens les choses pleinement, avec toutes mes oreilles, tous mes yeux, chaque centimètre carre de peau.

Je fais ces rencontres inopinées, avec un animal craintif tout autant surprit que moi. Découvert au tout dernier moment, a quelques mètre a peine, surprit dans son plus simple agissement, par un craquement de brindille sous mon pieds, par le froissement d’un vêtement. Un instant fugace ou le temps semble suspendu, arrêté, les regards de l’homme et de la bête se pénètrent, se mélange de peur, de surprisse, ce moment fragile de beauté qui prend fin au moindre signal imperceptible, au moindre geste minuscule, au moindre bruit ou simple souffle de vent. La fragilité de cet instant.

J’aime sentir le froid sur mon visage, les joues, les oreilles, le nez, l’air froid qui traverse mes narines et les bronches. Mais aussi le soleil qui passe au dessus des sommets. Ma peau chaude et rougie après une journée passe au grand air, expose au soleil. Le corps fatigue d’une journée de marche. Sentir, ressentir, prendre conscience de tout mes muscles, ma respiration lorsque je m’étire le soir venu, tel un rituel, le tension dans mon corps, ses relâchements progressifs. Le sommeil qui tombe, lourd, des la fin du repas.

Observer les nuages se former, se déplacer, grossir ou disparaître, annoncer le temps des heures et des jours a venir. Prendre conscience des mouvements silencieux et discrets autour de moi: le vent dans les arbres, l’eau du torrent, le clapot des vaguelettes sur le bord du lac, les aigrettes qui dansent bercées par le vent, les mouvements des êtres miniatures qui s’agitent a chaque endroit ou se porte mon regard, dans les herbes, sur les troncs, sur les pierres, fourmis, insectes…

Tout un monde de vie, la nature qui m’entoure, avec laquelle je ne fais qu’un, dont je fais partie. Elle est moi et je suis elle.

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One thought on “Pourquoi fait-il ca?

  1. Toujours magique de te lire, on s’évade (presque) aussi loin que toi… Profite de tous ces instants, magiques eux aussi ! Mille bisous.

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