Once upon a time… ou voyage spatio-temporel

J’avais ce parfum sur le dos de ma main. J’ai du toucher une plante ou une fleur particulière et lorsque pour une raison quelconque j’ai porte ma main vers mon visage c’est alors que cette odeur m’est parvenue. Il y avait la quelques notes qui m’ont rappelé a un parfum qui est resté ancré dans un coin de mon cerveau depuis des années. En un instant, je me suis retrouvé loin en arrière. J’étais la, dans la cours du lycée, aux pieds du grand arbre, sous les quelques marches, devant le bâtiment des sciences. C’était la pause. Je venais a peine de sortir du bâtiment, que par surprise, sans jamais prévenir, je ne la sentais arriver qu’au dernier moment, sauter dans mon dos pour me faire la bise, me chuchoter quelque chose a l’oreille, et toujours un main sur ma nuque. Et son parfum.
Elle avait un parfum aux arômes de vanille, très sucré, qui marquait sa présence longtemps encore après qu’elle soit partie. Ce parfum a marque mon esprit, il a ancre mes souvenirs si profondément, que après tant d’années, quelques effluves ressemblant a celui-ci me précipite a nouveau la. Comme si c’était hier, il y a une heure a peine, comme si j’étais la. Ce parfum m’a marque tout autant que son sourire constant, son énergie et sa joie. Tout comme son sourire, le son de sa voix, les courbes de ses cheveux frisés. Combien de minutes ai-je ainsi passé en sa présence durant ses brèves pause, combien de fois ai-je croisée son sourire au détour d’un escalier ou d’un couloir. Combien d’heure de cours ai-je passe dans l’attente de la sonnerie salvatrice, ou a regarder par le carreau si par hasard elle n’était déjà pas dehors, quelque part dans la cours, ou assise aux beau jours dans l’herbe ? Combien d’heure ai-je pu passer ainsi en sa présence ou en son attente, dans cette cours, dans la rue faisant un bout de chemin en retournant chacun chez nous ? D’après midi dans l’herbe du parc, a la terrasse ou sur la banquette d’un café ?

Combien de minutes, d’heures ou de jours ai-je pu ainsi passer en sa compagnie ? En guettant l’heure qui venait de se dire a demain, a me demander si j’écoutais bien attentivement tout ce qu’elle racontait ou si j’étais plus attentif a ses expressions, ses mouvements, les variations d’intonations de sa voix, a ses sourires… ou peut être a ce parfum…

Je me souviens surtout de ce parfum. Je me rappelle qu’elle m’en avait donner un petit pulvériseur lors de la fin juin de mon année de terminale. Je me souviens avoir de temps en temps déposé quelques gouttes de ces notes de vanille sur ma main, rapidement frotté et soufflé sur le dos de celle-ci pour en faire s’évaporer plus vite l’alcool et ne garder que les arômes… J’ai ainsi pu garder le souvenir de sa présence et renforcer encore d’avantage l’ancrage de ces souvenirs durant ces mois difficiles pour moi lors de ma première année de prepa… Difficiles pour le travail de taupin certes mais encore plus pour moi d’avoir quitté en l’espace d’un été ces gens qui avaient passée tant d’années avec moi depuis le lycée, le collège, voir l’école primaire pour quelques uns. Ces amies de lycée qui avaient tout comme moi, passée ce temps a se construire et la présence des autres en leur compagnie mais surtout grâce a eux. Mes amies surtout. Elles m’ont terriblement manqué après cette fin de lycée. En quelques mois, un semestre peu être, la distance et surtout la nouvelle vie qui nous ouvrait ses portes a tous ont crée une distance entre nous bien plus immense que les quelques centaines de kilomètres qui existaient réellement.

Ce fut vraiment difficile de voir ainsi se rétrécir, s’effilocher, s’étirer jusqu’à disparaître les liens que nous avions tisses les uns avec les autres durant tant d’année. Je compte cette époque comme l’une ,et la première, des expériences sociales qui m’ont fait le plus souffrir : perdre mes amis d’enfance. Ce fut la la première chose que la prepa me volait.

Après quelques mois, le précieux liquide fut consommée. J’ai gardé le flacon vide jusqu’à ce que la dernière molécule odorante se soit évaporée. En 10 ans, je n’ai plus jamais retrouve cette odeur, ou que ce soit ni qui que ce soit qui portait cette fragrance. Ces arômes sucrés de vanille, joyeux et vivant, si loin de la platitude, morne et ennuyeuse pale odeur du déodorant vanille pour WC.

Il y a une chose d’infiniment triste pour moi. C’est celle de ne plus jamais avoir revu ces amies qui étaient si chères a mon cœur. Avec le recul, je dois avouer que l’amitié que je leur portais et ce que je pourrais désormais, avec l’expérience appeler ça tout simplement de l’amour. J’aimais vraiment ces personnes. Je sais que plus jamais je ne serais sous cet arbre, que plus jamais je ne serais assis dans l’herbe du parc avec eux, que plus jamais je n’entendrai a nouveau leur rire, je verrais leur sourire et cette vie pétillante de jeunesse qui brillait dans leurs yeux. Quand bien même nous nous recroiserions, alors que malgré les réseaux sociaux et l’infini des moyens de communication, nous n’avons plus de contact… Qui serions nous ? Que des fantômes… Il est triste de perdre des amis. Je ne m’en suis jamais vraiment remis.

J’ai vraiment vécu a cet instant la les propos du Renard échangés avec Le Petit Prince : (de mémoire un truc dans le genre)

  • Je pleurerais, dit le Renard, …mais j’y gagne… a cause de la couleur des blés.

A cet instant la, alors que quelque secondes a peine s’était écoulé depuis que ces quelques notes de parfum m’étaient parvenue, j’avais voyage dans l’espace et le temps. Comme si tout s’était arrêté l’espace d’un instant. J’étais toujours la, au milieu de la nouvelle zelande, au beau milieu de nulle part, a mille milles de toute terre habitée… Dessine moi un mouton ?…. Heu non je m’égare…

J’étais la, face aux lumières chaudes de fin de journée, la rivière qui serpentait devant moi, les oiseaux, le vent, la fatigue…. de chaudes larmes de joie coulaient sur mes joues. Je revenais tout juste d’un long voyage dans le temps. Je m’en retournais d’un moment en compagnie d’une de mes amies.

Je vous souhaite a tous d’avoir eut des amis et des amies (surtout) telles que j’ai pu avoir, de les avoir ainsi tant aimé, qu’un simple parfum puisse avoir ainsi ancré si profondément et durablement tant d’agréables et importants souvenirs. A cet instant je me suis fait a moi même la remarque qu’elle était plutôt pas mal ma vie, qu’elle était riche et intense. Que de tels souvenirs mais surtout une telle sensibilité, ici de mémoire olfactive valaient bien la peine… Et comme dans je ne sais plus qu’elle bon film je me suis a nouveau répété : ”C’est un beau jour pour mourir”… de celui qui ne regrette rien.

Je vous souhaite a tous d’avoir connu ou de connaître le sourire, la joie et les rires, et surtout le parfum de Laura… Appelez les la bien sur autrement, a votre guise, votre Laura a vous… après quoi vous pourrez plus facilement mourir tranquille… Sans quoi je vous assure qu’il vous aura manqué quelque chose dans votre vie.

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One thought on “Once upon a time… ou voyage spatio-temporel

  1. Effectivement, dans une vie, notre mémoire est probablement ce qu’on a de plus précieux pour pouvoir faire appel à de si chers souvenirs… et tout particulièrement avec la mémoire olfactive, certainement la plus puissante par son pouvoir d’évocation si fort… et c’est certainement cette mémoire là qui résiste la mieux au temps sans jamais s’estomper…

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