Hamilton to Te Kuiti : 900km

13/11 – J35 : 26 jours de marche + 9 de repos, km 834 (24km)

Enfin le départ d’Hamilton ou j’ai passe 3 jours bloque par des pluies diluviennes… pas mécontent de reprendre le chemin. Il me faut quelques heures pour quitter la ville qui s’étend sur pas mal de kilométrés. Au loin se dessine le massif de Pironga, le premier gros sommet sur le parcours a environ 1000m d’altitude, pour 800m de dénivelé. Pas très haut compare aux Alpes, mais ici pas de contreforts, la plaine est a une centaine de mètres d’altitude et le massif grimpe direct. Il fait a nouveau beau, le ciel de traîne alterne entre cumulus et grand soleil.
Il me faut traverser de nombreuses patures ou paissent des troupeaux de vaches toujours aussi surprises et intéressées par ma présence. J’ai 6 jours de nourriture dans le sac mais je me suis fait plaisir avec beaucoup de fruits secs.
Un petit passage epique le long d’une riviere ou les pluies de ses derniers jours ont totalement noye le sol. Je patauge dans l’eau et la boue sur quelques kilometres. En fin de journee alors que je commence a naviger dans le coline, je passe juste a cote d’une carriere ou un tuyau deverse une eau claire. Je franchis la grille et decouvre un papi dans une cahutte… bien evidement il m’autorise a faire le plein d’eau en echange d’une bonne discussion d’une demi heure.
Je finis la journee dans le colline. La lumiere de fin de journee et magnifique. Le sommet des collines est couronnee de roches volcaniques. Le paysage est incroyable. Je cherche un endroit ou poser ma tente au milieu des troupeaux de vaches et de moutons… les marqueurs du sentier se font de plus en plus rares, je pense que les eleveurs les ont fait sauter…
Alors que je plante la tente, des averses couplees au soleil couchant m’offrent un joli arc en ciel. Un jeune agneau est pour je ne sais qu’elle raison de l’autre cote de la cloture. Il bele avec l’energie du desespoir afin d’appeler ses congénères. Je ne sais pour quelle raison j’eprouve alors une empathie pour cette bete. Je tente a plusieurs reprise de l’attraper pour le remettre du bon cote de la cloture. A la course, j’ai bien faillit reussir a l’attraper dans une descente… mais la pente s’est alors mise a monter, il avait de la reserve sous la pate, il m’a eut dans la montee. J’ai tente de l’amadouer… pas moyen. J’ai tente la technique du loup: me montrer d’un cote et faire le tour bien cache… echec egalement…

14/11 – J36 : 27 jours de marche + 9 de repos, km 845 (11km)

Ce matin la, je me prélasse sous la tente, je n’ai pas envie de marcher, le soleil s’engouffre dans l’ouverture du la tente… je suis au milieu de nul par, a poil sous la tente, les rayons de soleil pour couverture me rechauffent au petit matin. Je n’ai pas envie de bouger.
Je ne plie le camp qu’a 10h. Je passe la matinee au milieu des moutons, le vent se leve et souffle de plus en plus fort jusqu’a ce que des averses viennent encore me ralentir… je fais du 2km/h… j’ai l’impression de ne pas avancer, monteee et descente dans les collines se succedent, peu ou pas de marqueurs ni de trace, je navigue a plusieurs reprises au GPS. Le trace m’indique un sentier sur la crete… je ne le trouve pas, je nagigue a l’oeil et rejoins la crete par un petit col.
A 13h, j’ai a peine fait 6km… encore 5km avant d’attaquer la monter de Pironga pour 5h de marche pour seulement 5km… je sais ce qui m’attend a ce rythme… du genre encore une foret les pieds dans la boue.
Le sommet se couvre de gros nuages gris, le vent semble souffler fort au sommet, les nuages semblent courir dans le ciel.
Le sol nu ressemble a de l’argile, tres compact, tres dur, impermeable… et tres glissant, je glisse souvent, me rattrape a dernier moment a plusieurs reprises mais chute lourdement par deux fois… je me dis que l’accident, la cheville, le genoux ou les articulations du bras qui par reflexe tente de rattraper la chute risque gros a chaque fois avec le gros sac sur les epaules… la quasi totalite du temps il n’y a aucune couverture telephonique, et souvent a plusieurs heures voire quelques jours de la ville ou de la grosse route la plus proche.
A 15h, j’atteins un petit campement au pied de Pironga… c’est trop tard pour l’ascension… mais trop tot pour moi pour poser le camp… tant pis, je plante la tente et vais a la decouverte des alentours. Un petit sentier s’enfonce dans la foret, je prends de nombreuses photos des plantes… serais-je en train de commencer a aimer cette jungle?
Un panneau indique l’entree d’une grotte d’une trentaine de metre de long, un peu de speleo pour touriste avec quelques passages etroits. J’ai prit ma lampe de poche et commence a explorer les premiers metres… a la premiere etroitesse … soudainement une petite voie me dit “et si?”… Et si ca coince?… finalement je me ravise…ce n’est peut etre pas tres intelligent d’avoir un soucis ici, sous terre, loin de tout. Je regagne ma tente. Je mange tot.
Au moment d’aller me coucher, je vois au loin une silhoutte qui me fait signe. Une tente est plantee a une centaine de metre. Je sais qu’il n’y a pas de randonneur sur le Te Araroa juste derriere moi. Cela doit etre des campeurs du WE (on est vendredi soir) ou des gens qui sont descendus du sommet. Je rends le signe de politesse et vais me coucher.
Il pleuvra une bonne partie de la nuit

15/11 – J37 : 28 jours de marche + 9 de repos, km 853 (8km)

Depart a 7h pour 5h de montee. Je pense donc arriver a midi pour casser la croute a la hutte qui se trouve tout en haut de Pironga, puis enchainer la descente, 5h a nouveau et torcher cette montagne dans la journee. Le ciel est toujours tres couvert et le vent souffle toujours aussi fort. Cependant, sous le couvert de la foret, je suis a l’abris et du vent et de la pluie qui n’est pas encore de la partie. Apres 3h de montee, je suis a la hauteur des nuages, la foret a totalement changee, l’ambiance est surnaturelle, plonge dans la brume, la foret est tres humide, tous les troncs sont couverts de mousses. Il se met a pleuvoir mais je suis toujours a l’abris sous les arbres.
Vers 10h30, je passe la limite de la foret et je suis desormais a decouvert, expose au vent et a la pluie. Plus le temps passe, plus je gagne en altitude et plus le vent souffle fort, par bourasques qui manquent de de faire perdre l’equilibre. La pluie devient de plus en plus forte et peu a peu le sentier se transforme en torrent, en ruisseau… je commence a me dire que ce n’est pas bon. J’ai enfile ma veste de pluie depuis un moment mais je suis toujours en short. Je n’ai pas froid en marchant et je pense arriver au sommet d’ici peu. Je n’ai pas envie de tremper mon sac et son contenu pour en sortir le pantalon de pluie.
Erreur de jugement. J’atteinds enfin le sommet, mon short, mes jambes, chaussures et chaussettes sont trempees d’eau, le sentier n’est plus qu’un torrent d’eau… et la un panneau m’indique que je suis encore a une heure de marche de la hutte. Tant pis j’accelere le pas. Je suis trempe en bas, mais au sec en haut… tant que je marche je n’ai pas froid. Je ne me rends pas compte que le vent me fait perdre tout de meme beaucoup de chaleur sur mes jambes nues et trempees.
A midi j’atteind enfin la hutte. une petite hutte avec un lit superposee pouvant acceuillir 8 personnes pour la nuit, une petite table, mais pas de quoi faire de feu, et pas de matelats… en face une toute nouvelle hutte est en construction et un panneau indique qu’elle n’est pas accessible pour le moment a cause des travaux en cours.
Je me mets a l’abris. j’hotte mes vetements mouillees, enfile des vetements chaud et sec, fait chauffer de l’eau, fait des pompes et des flexions pour me rechauffer, car objectivement j’ai froid et me suis terriblement refroidit sous le vent. J’ai beau m’agiter je n’arrive pas a me rechauffer. Dehors c’est la tempete, la pluie tombe en quantite, le vent souffle tres fort, les rideaux de pluie tombent a l’horizontal…
Je me dis que ca va passer pendant le temps de casser la croute.

Vers 13h, au travers les vitres pleines de buee, je vois passer 2 silhouettes sombres sous la pluie diluvienne. Je sors aussitot pour interpeler les randonneurs, cela doit etre ceux qui avait planter la tente hier soir au lieu de bivouac. Ils ont ete sous la pluie durant toute la montee et sont trempes jusqu’aux os… ils ne semblent pas avoir de pantalon impermeables.

Quelle surprise de decouvrir au moment ou ils enlevent leur capuche de decouvrir qu’il s’agit de Maria et Andreas, les deux allemands que j’avait croisee la deuxieme semaine de mon periple, au milieu de l’enfer vert. Je suis si heureux des les retrouver la. Ils sont trempes et transis de froid. Je fais chauffer de l’eau a nouveau pendant qu’ils se changent.

Je suis etonnee de les voir ici, je sais que j’ai marche vite et beaucoup et qu’au contraire, eux ont tendance a avoir un rythme beaucoup plus lent. Ai je traine a Auckland et Hamilton? Non. Il m’apprendrons qu’ils ont saute de nombreuses sections de route en faisant du stop et que d’Auckland et ils prit un bus pour Hamilton… un sacre saut de puce… ils ont ainsi recuperer les 2 ou 3 semaines d’avance que j’avais sur eux.

Mois qui croyait que le mauvais temps allait passer durant la pause de midi…. Nous nous retrouvons bloque au sommet toute l’apres midi… je n’espere desormais plus entamer la descente… il est trop tard, nous allons devoir passer la nuit ici… sans  chauffage ni matelat. Je sais qu’il fait plus froid et plus humide dans une hutte sans chauffage, avec des affaires trempees qui pendouillent aux clous des poutres que sous une tente. Mais pour rien au monde il ne faudrait quitter cet abris, dehors c’est toujours le deluge et il n’y a aucun endroit ou planter la tente au milieu de ce bush… qui plus est, dehors le sol n’est que flaques d’eau ou de boue.

Nous passerons toute l’apres midi a discuter et boire du the ou du cafe en esperant nous rechauffer, mais rien n’y fait, ni les boissons chaudes, ni tout nos vetements secs sur nous, nous aurons froid toute l’apres midi.

Vers 17h nous voyons des silhouettes a l’exterieur se dirriger vers la nouvelle hutte en construction… Je sors sous la pluie pour les interpeller et leur dire de venir s’abriter ici. Je suis surprit de decouvrir une vingtaine de collegiens accompagnes de 2 adultes, une femme et un homme, tout deux d’un certains age. Ils sont tous trempes jusqu’aux os, aucun n’a de vetement impermeable ni Gore Tex… les jeunes sont noyes dans leur vetement… des filles grelottes, 2 sont en pleurs… Nous leur disons de faire rentrer a l’abrit les plus trempees. Je remets de l’eau a chauffer, et insiste pour que les filles les plus transie de froid enlevent leurs vetements trempes, se sechent et mettent des vetements secs. Ils ont passes plus de 5h sous la pluie et le vent. La situation me semble assez critique. Leur projet et de planter la tente pour passer la nuit au sommet… je me rend compte que les filles ont vraiment trop froid. Sous leur manteau detrempe elles n’ont qu’un T-shirt en coton… Je me dis que ca craint vraiment comme situation, que compte tenu des conditions meteo et de l’etat actuel des gamins, ca sent l’hypothermie a plein nez. Les adultes ont ete insconcient d’attaquer la montee et surtout de ne pas avoir eut la lucidite d’abandonner et de faire demi tour en chemin.

Je me dis que c’est aujourd’hui que je vais declancher la balise de detresse… il n’y a aucun moyen de mettre tout ce petit monde a l’abris de la toute petite hutte… On se dit alors, Maria, Andreas et moi que la situtation est a la limite du “grave” et que cela justifie de briser une vitre ou la porte de la hutte en construction… Nous n’aurons pas a fracturer la porte ou une de nos epaules, une des portes de la hutte en construction est laissee ouverte… Ouf, la situation vient de baisser d’un cran. Tout le monde va pouvoir etre a l’abris. Les filles les plus transies de froids restent quelques temps avec nous dans la petite hutte, elles ne veulent pas ressortir. Je me retrouve a leur filer une grande partie des fringues seches et chaudes que j’ai avec moi ou sur moi. Andreas et Maria n’ont que des vetements mouilles.

Vers 19h, je me dis que je devrais laisser ma place sur le lit superposer aux gamines qui sont eprouvee autant physiquement que psychologiquement, il fait un peu plus chaud dans cette petite hutte que dans la grande… Nous demandons aux adultes leur projet pour le lendemain. Ils veulent prendre une crete, la plus longue… 8 a 12h de marche pour redescendre… nous insistons lourdement pour leur faire conprendre la betise de se projet dans de telles conditions et vu l’etat des jeunes. Ils devraient faire demi tour et redescendre par le chemin le plus court…

Je laisse finalement ma place et plante ma tente a l’exterieur et j’y passerai la nuit… une nuit de pluie et de vent, froide mais supportable…. J’ai vecu pire lors d’une nuit de bivouac un 13 mars pour mon anniversaire pour une rando en solo dans les gorges du Verdon et une nuit de bivouac sans tente sur le plateau… ou la bouteille d’eau d’un litre et demi avait totalement gelee durant la nuit…

2 belles lecons aujourd’hui:

Toujours garder ses vetements chauds et le duvet dans un sac etanche… et autre lecon: s’habiller en vetement de pluie des pieds a la tete des que ca commence a pleuvoir, meme si c’est pour peu de temps….

16/11 – J38 : 29 jours de marche + 9 de repos, km 858 (5km)

Au petit matin, j’entends vers 6h a travers la toile de ma tente que le groupe de collegions repars du sommet…. heureusement par le chemin le plus court que nous avions conseille. La nuit a donc ete de bon conseil pour les adultes. Il ne pleut plus aussi fort mais les bourrasques sont toujours aussi violentes. Vers 9h je rejoins Andreas et Maria dans la hutte. Les conditions meteo nous font repousser notre depart. Vers 11h, cela fait presque 24h que je suis la, je ne tiens plus en place. Je refais mon sac en esperant une accalmie. Maria et Andreas auront une longue et tumultueuse discussion quant a rester ou non a l’abris. Leurs vetements sont toujours tout autant trempes ce qui les pousse a rester a l’abris, mais leur rations de vivre sont tout juste suffisante pour atteindre le prochain ravitaillement, ce qui les pousse a partir. Je leur dis qu’a cette altitude, dans les nuages et sous la pluie, sans chauffage les vetements ne secheront jamais, que si nous descendons en altitude, nous serons a nouveau et tres vite a l’abris en foret et qu’en 5h nous serons a nouveau en plaine, mois expose au vent et a la pluie.
Finalement nous decollons a midi.

Il nous faudra 5h pour parcourir les 5km de la descente, dans la boue, des bassines de boue a mi mollet… je chuterai et briserai un baton de marche… et merde… ma tente ne tient que grace a eux. ma paire de batons de rechange est en poste restante a plus de 170km de la… Le tube du baton est tordu, impossible ici de le bricoller… j’accroche les pieces du batons sur le sac a dos et poursuit le chemin… difficle de progresser dans cette jungle et cette boue avec un seul baton… encore pire sans.
Je decide de me bricoler un baton en taillant au couteau un jeune tronc… heureusement que j’ai un bon couteau de bushcraft pour tailler ainsi une jeune perche… je ferais tout de meme 3 essais avant de trouver le bon bois, assez leger, de bon diametre et assez resistant…
Je passerai ainsi 3h avec ce baton de fortune, il me faudra changer regulierement le baton de main car je sens des ampoules pousser dans la paume de ma main apres quelques temps de marche avec celui-ci.
Nous atteignons enfin le bas de la montagne et une piste en gravier apres 5h de marche. il est 17h nous plantons le camps.
Je bricolle mon baton casse. Tel un homme de cro-magnon, une pierre plate et un percuteur et je travaille le tube de metal pou parvenir a faire rentrer la partie cassee et tordu dans le tube de plus gros diametre…
Houra! j’y arrive… le baton bricolle tient bien et a encore assez de longeur pour faire tenir ma tente et etre utilise pour marcher

17/11 – J39 : 30 jours de marche + 9 de repos, km 892 (34km)

Nous avons prit le temps hier soir d’echanger nos numeros de telephone, car les allemands et moi savons que je me leve beaucoup plus tot qu’eux et que je marche plus vite. Ils sont pour projet de faire du stop pour trouver du ravitaillement a la prochaine route. Mois j’avais heureusement prevu 2 jours de vivre en plus de ce que prevoyait le topo… j’ai bien fait…
Cette journee fut la pire je pense… il se mi a pleuvoir a torrent des 8h du matin et sans discontinuite, toute la journee. Maria a insiste hier soir pour que j’evite une section du parcourt qui necessite de franchir une riviere a pieds, le topo indique la dangereusite de cette traversee en condition humides… definitivement c’est le cas aujourd’hui… je ferais plus de 35km dans la journee… beaucoup sur de la piste en gravier, mais aussi en foret, ou la trace n’etait plus qu’un ruisseau, ainsi que perdu dans le brouillard sur des collines… ne me dirigeant que grace a mon GPS
En fin de journee je franchirai une cloture et planterai la tente au milieu des moutons, tentant de monter la tente sous des trombes d’eau et sous de violentes bourasques de vent…

18/11 – J40 : 31 jours de marche + 9 de repos, km 913 (4km)

Au matin, plus de pluie mais toujours beaucoup de vent. J’en profite pour etaler mes vetement trempes pour les faire secher sous le vent… il me reste 2 rations de pates…. je n’ai pas mange hier soir, le temps etait horrible, il etait tard, j’etais fatigue, j’ai croque 2 barres de cereales et me suis couche… je pense pouvoir atteidre Waitomo ou Te Kuiti dans la journee… je mange donc mes 2 rations de pates au petit dej.
Le temps n’est enfin plus a la pluie, a 9h je leve le camp.

J’arriverai a Te Kuiti dans la journee et prendrai une journee de pause le lendemain afin de tout faire secher et de me remettre de cette aventure…

Prochaine etape: 8 jours d’autonomie loin de tout, remonter le cours d’une riviere, une longue section le long d’une route de campagne, monter a nouveau au sommet d’une montagne et passer 3 jours sur des cretes a plus de 1000m d’altitude avant de rejoindre Taumarunui…. Une section qui s’annonce une fois de plus epique…

Les photos de cette aventure sur le lien suivant

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One thought on “Hamilton to Te Kuiti : 900km

  1. Pingback: Videos. prisonnier de la tempête | Te Araroa Super-Tramp

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