Alta Via n°2

Jour 3:

Levé avec l’aube. La nuit a été fraiche. L’humidité importante… L’été semble déjà loin.
Par bonheur le ciel est totalement dégagé, le petit lac devant la tente reflète tel un miroir les sommets et le ciel bleuté du petit matin. Les 1000m de descente vers La Thuile sont vite avalés sur une petite piste d’alpage. A la Thuile un tout petit magasin permet de se ravitailler. La montée jusqu’au refuge Defreyyes 2500m est verdoyante, le long d’un cours d’eau parsemé de cascades grondantes. Après le refuge, le paysage devient très austère parmi les roches, les blocs et éboulis. Plus d’arbre, seulement une végétation rase. De grands glaciers recouvrent les sommets. Le col Passo Alto 2816m donne l’ambiance de la haute route: sentier étroit, pentes très raides. La journée est déjà bien avancée mais je compte descendre jusqu’à l’abri de Promoud 2022m…
Ces 800m de descente viennent s’ajouter au 1000m de la matinée et au 800m de montée… La fatigue, non pas musculaire, mais des genoux se fait sentir. Arrivé à Promoud, l’alpage est occupé par les vaches. L’abris permanent est totalement détruit par les restes d’une avalanche, manifestement de l’hiver dernier. Je longe le cours d’eau pour trouver un joli bivouac dans le bois. Douche bien fraiche au torrent.

Jour 4:

Mise en jambe et réveil musculaire pour les 800m vers le col de Crosatie 2838m. Je préfère débuter la journée par un montée, aussi raide ou longue soit elle, plutot qu’un descente bien plus traumatisante pour les genoux. Les 200 derniers mètres se fond sur une magnifique arête rocheuse, équipée par endroit de main courante. L’ambiance est déroutante pour qui n’a pas le pied marin ou qui serait un peu sensible au gaz.
Les 1300m de descente vers Planaval sont éprouvants… la descente est bien plus longue que ne laisse imaginer la carte.
Je suis complètement cuit une fois arrivé dans la vallée de Valgrisenche. Il est assez tôt, milieu d’après midi, mais je ne me sent pas d’attaquer la monter du col suivant… alors je remonte tout doucement la vallée. Il se met doucement à pleuvoir. Avant Valgrisenche, je trouve un endroit discret pour planter la tente. Il est à peine 17h, mais la pluie en plus de la fatigue de la journée, ne me donnent pas envie de pousser plus loin.

Jour 5:

Levé tôt, je découvre qu’à Valgrisenche, il y a une petite aire de picnic où il peut etre bon bivouaquer hors saison, avec accès à l’eau et toilettes publiques. Contrairement à ce qu’indique le topo, il y a une alimentation à Valgrisence, ouverte en matinée puis après 15h. J’ai ce qu’il faut à manger dans le sac… je poursuis la montée vers le col Fenetre… Il faut du temps pour remonter la vallée au dessus du grand lac de barage. Au chalet de l’épée, un groupe de personne sont rassemblés autour d”un prêtre en robe, au pieds d’une croix… Je passe à pas de loup pour ne pas déranger cette messe funèbre. La montée au Col Fenêtre 2840m est assez douce mais la descente beaucoup plus raide. Dans la combe raide qui descend du col, un énorme bouquetin mâle broute tranquillement au milieu du sentier. Ses cornes en arc de cercle sont immenses. Ce n’est qu’arrivé à quelques mètres que ma présence lui fait doucement lever la tête, il s’écarte lentement d’à peine quelques mètres pour me laisser passer.
La vue sur la vallée et les sommets est magnifique. Je marque une pause à Rhêmes-Notre-Dâme pour ravitailler pour les 3 prochains jours. Le ravitaillement se fait dans une toute petite épicerie, qui fait également bar… il n’y a pas beaucoup de choix. J’achete de la polenta pour le soir, avec quelques boites de thon… et pour la journée, des gateaux italiens… je n’ai pas vraiment le choix…
Ce n’est que le début d’après midi, je décide de pousser vers le col Entrelor 1300m plus haut…. Vers 2500m je découvre un magnifique plateau où pullulent les marmottes et où une harde de chamoix broute tranquillement. Il ne fait pas chaud bien qu’il fasse grand soleil. Le col Entrelor est à 3000m, je l’attaquerai demain matin.

Jour 6:

La nuit a été très fraiche… il me semble que les jours passant, les nuits deviennent de plus en plus froide… je crois qu’il est tombé quelques gouttes pendant la nuit. Lorsque j’ouvre la tente, je découvre que ce n’est pas du givre sur la toile, mais de la glace… il a plu cette nuit, l’eau a gelé… de l’autre coté de la vallée, les sommets et le col Fenêtre sont blancs… Heureusement que le soleil est là et que la journée s’annonce magnifique, car passer le col Entrelor à 3000m puis le suivant à 3300m aurait été difficile, potentiellement dangereux voire impossible en cas de pluie ou de neige.
L’ambiance à 3000m au col Entrelor est rocheuse à souhait….  1300m de descente vers les Eaux-Rousses, puis 1600m de montée vers le col Loson m’amènent à 3300m. L’ambiance est austère, le vent souffle fort, même en plein soleil il fait froid. J’ai les gants, le bonnet et 3 épaisseurs de vêtements.
La descente du col est équipée de main courante. Objectivement ce col n’est pas à tenter en fin de printemps ni trop tard en saison. Je descends vers 2700m pour planter la tente au milieu des bouquetins…
A peine la tente montée, la toile, humide de la nuit passée gèle…. il est 19h, il fait donc déjà aux alentours de 0°C… la nuit s’annonce très très fraiche.

Jour 7:

Peu de dénivelé aujourd’hui…. ça change tout, j’ai l’impression d’avancer par bons énormes à chaque fois que je jette un coup d’oeil à la carte… Je passe à Cogne vers midi, monte au col Fenetre 2827m, puis poserai le bivouac à coté du lac noir, un peu en dessous du refuge Miserin…

Rappel….  Officiellement le bivouac est interdit sous les 2500m dans la vallée d’Aoste… Pour ma part, j’applique la technique du “pas vu, pas prit”, et ai pour valeur “De ne laisser derrière moi, aucune trace, sauf celle de mes pas”…

Jour 8:

A champorcher je ne trouve pas de magasin ouvert pour ravitailler… je suis coincé, je n’ai pas ravitailler à Cogne, espérant trouver de quoi ravitailler ici… Je n’ai pas assez pour aller à Donnas avec ce qu’il me reste. Il ne me reste qu’une journée de nourriture. Je quitte la Alta Via pour suivre le fond de vallée. Avant Crest, rien pour ravitailler non plus à Pontboset… je décide de suivre non pas la Haute Route mais le sentier du Tor des Géants qui court en fond de vallée…
En quelques heures je passe de la haute montagne au fond de vallée… il fait chaud comparé à tout là haut… C’est encore l’été…. seuls les couleurs orangées des marronniers qui déposent au sol un tapis de feuilles qui craquent sous mes pas annonce dramatiquement l’automne…
J’arrive à Hône, étudie la carte, pour trouver où passer la nuit, pour ne pas arriver à Donnas en fin de journée… Je remonte vers les sommets et trouve où bivouaquer, sur des alpages suspendu en balcon juste au dessus de la vallée et de Donnas.

Les photos ici

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